Peur de s'écrouler au milieu de cette montagne de choses à faire, à penser, à réaliser, à apprendre. C'est facile de s'enfoncer dans son lit, de tirer la couette à soi et de rêvasser à ce qu'on pourrait être si on était moins mou, moins faible, moins fainéant. Les adjectifs et termes ne manquent pas pour désigner cette langueur, cette torpeur dont on ne sort pas, sauf pour aller aux cours, si peu nombreux d'ailleurs dans la semaine. Et puis arrive le moment où même les courses deviennent futiles, le frigidaire se vide et ne se remplit plus, la junk-food devient la raison d'être d'un estomac nourri 1 repas sur 10. On boit de l'eau, on s'affaiblit, on devient blafard. Le sommeil quitte les nuits devenues agitées et mornes. Les nerfs lâchent, par grappes, les forces quittent le corps toujours en position allongée. Tu restes là, prostré, ne sachant que faire pour te motiver à bouger.
"Vous êtes au bord de la dépression, je vais finir par vous mettre sous anti-dépresseurs, et je ne plaisante pas Mademoiselle."
Merde .. Tu ne t'étais pas rendue compte que tu coulais à ce point. Tu sortais un peu, tu voyais des amis, ton petit ami, tes parents, tu prenais goût à de la musique sympa. Mais dans le fond, tout ça n'était que sottises, stratagèmes de ton esprit pour te laisser croire à un petit coup de blues passager. Mais quand le mec en face de toi te parle dépression, calmants, psychologue, tu te dis qu'il est peut-être temps de réagir. Il ne peut pas être trop tard. Tu laisses tes idées moroses de côté, et tu te bouges. Compris ?